La dernière usine automobile australienne a fermé ses ...

Déclaration de la Ligue communiste internationale - Défense de l'Irak contre l'attaque impérialiste des USA et leurs alliés ! A bas l'embargo de famine de l'ONU ! (Part 1) (23 Oct 2002)

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Déclaration de la Ligue communiste internationale
Défense de l'Irak contre l'attaque impérialiste des USA et leurs alliés ! A bas l'embargo de famine de l'ONU !
Nous publions ci-dessous une déclaration en date du 23 octobre 2002.
L'impérialisme US mène le monde à la guerre. Des dizaines de milliers de soldats américains et britanniques prennent position en vue d'une attaque à grande échelle contre l'Irak, tandis que d'autres puissances, de l'Australie à la Turquie, jouent des coudes pour avoir un rôle dans le massacre et obtenir une part du butin. La Maison Blanche a déjà révélé ses plans pour une occupation militaire de l'Irak dans l'après Saddam Hussein. Il n'y a qu'à voir l'arsenal nucléaire que les Etats-Unis menacent d'utiliser aujourd'hui pour comprendre que si cet ordre impérialiste continue de sévir, la vie sur cette planète est en danger.
Dans la guerre contre l'Irak, la Ligue communiste internationale (quatrième-internationaliste) choisit clairement son camp : nous sommes pour la défense militaire de l'Irak, sans donner un milligramme de soutien politique au régime de Saddam Hussein. Hussein, c'est l'oppresseur sanguinaire des ouvriers irakiens, des militants de gauche, des musulmans chiites, du peuple kurde et d'autres encore. En tant que tel, il a été un allié proche et un protégé de l'impérialisme américain pendant 20 ans avant qu'il ne s'empare du Koweït en 1990. Maintenant, les Etats-Unis veulent un régime plus docile et veulent avoir un plus grand contrôle sur les puits de pétrole, ne serait-ce que pour « rationner » leurs rivaux économiques comme le Japon et l'Allemagne, car ceux-ci sont davantage à la merci du pétrole du Moyen-Orient. En suspendant une épée de Damoclès au-dessus de la Corée du Nord, Washington montre clairement que ce pays est le prochain sur la liste, dans l'éventualité d'une victoire facile en Irak. Le fait que les impérialistes n'aient pas encore menacé de bombarder la Corée du Nord, en réaction aux informations selon lesquelles elle est peut-être en train de développer une capacité nucléaire, ne fait que souligner que dans le monde actuel les armes nucléaires sont l'unique garantie de la souveraineté d'un pays. Chaque victoire des impérialistes dans leurs guerres de déprédation encourage de nouvelles aventures militaires. Chaque revers aide les luttes de la classe ouvrière et des opprimés.
L'avantage militaire colossal des Etats-Unis face à l'Irak néo-colonial (un pays qui est déjà saigné à blanc depuis 12 ans avec les sanctions de l'ONU, ces dernières ayant fait au moins 1,5 million de victimes civiles) montre combien la lutte de classe dans les métropoles impérialistes est importante et comment c'est le moyen essentiel de donner un contenu concret à un appel pour défendre l'Irak. Toute grève, toute mobilisation ouvrière contre les plans de guerre, toute manifestation de masse contre des attaques envers les ouvriers et les minorités, toute lutte contre la répression à l'intérieur du pays et les attaques contre les libertés individuelles, porte un coup à la campagne de guerre impérialiste. Pour mettre fin une fois pour toutes à la guerre, il faut balayer le système capitaliste qui l'engendre, à travers une série de révolutions et la mise en place d'une économie rationnelle, planifiée, égalitariste et socialiste au niveau mondial. L'anti-impérialisme à l'étranger, cela signifie la lutte de classe ici ! Défense de l'Irak contre l'attaque impérialiste !
La vigueur avec laquelle les alliés de Washington à l'ONU, en particulier l'Allemagne, critiquent ouvertement les provocations enragées de l'administration Bush au Proche-Orient montre à quel point les tensions au sein des puissances impérialistes se sont intensifiées ces dernières années. Les Etats impérialistes subordonnés objectent aujourd'hui parce que la botte du cow-boy les rudoie un peu trop, mais ils acquiesceront tous aux diktats de l'impérialisme US, le maître des classes capitalistes, car ils ne sont pas assez puissants pour s'opposer aux Etats-Unis et ils veulent récupérer au moins une part du butin en récompense. Comme l'a ouvertement déclaré un dirigeant de la compagnie pétrolière française TotalFinaElf : « Nous voulons le pétrole et nous voulons faire partie de la reconstruction du pays. S'il y avait un nouveau régime et que nous ne soyons pas avec les Américains, où serions-nous ? »
La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens
Pour mener sa guerre en Afghanistan, la bourgeoisie américaine a cyniquement manipulé la douleur et l'horreur que des millions de gens ont ressenties vis-à-vis de l'attaque criminelle et démente contre le World Trade Center. Mais le consensus patriotique aux USA s'effrite et ailleurs dans le monde il y a une opposition massive à une guerre en Irak. Pour mener la guerre, il faut la paix sociale et de Los Angeles à Londres on se rend compte que les fauteurs de guerre impérialistes sont des casseurs de syndicat et des briseurs de grèves. En déclarant qu'une grève pourrait « menacer la sécurité nationale », l'administration Bush utilise la force répressive de l'Etat capitaliste pour contraindre le puissant syndicat des dockers américains, l'ILWU, à travailler dans les conditions imposées par l'association patronale qui veut casser le syndicat. De l'autre côté de l'océan, le gouvernement britannique menace d'envoyer l'armée casser la grève des pompiers. Les plongeons de la Bourse privent des millions de travailleurs de leur retraite, tandis que les scandales publics montrent à quel point les chefs d'entreprise sont cupides et rapaces. Des dizaines de milliers de travailleurs, notamment l'ensemble de la main-d'œuvre de plusieurs usines Fiat en Italie, risquent bientôt d'être sabrés comme on ampute un membre gangrené, par des capitalistes qui ne cherchent qu'à protéger leur propre marge de profit malgré la crise économique capitaliste. Les libertés individuelles sont bafouées et les capitalistes intensifient leurs assauts contre l'Etat-providence et les autres acquis arrachés par des décennies de luttes ouvrières.
Partout, la chasse aux immigrés s'est intensifiée jusqu'à l'hystérie suite aux efforts des gouvernements capitalistes pour faire dévier la lutte de classe grâce au racisme et à la xénophobie. L'hystérie anti-immigrés coûte la vie à des milliers de réfugiés désespérés qui essayent de traverser la frontière des Etats-Unis à partir du Mexique ou d'embarquer à bord de bateaux en piteux état en direction de l'Australie ou de l'Europe de l'Ouest. Avec la récession, les bourgeoisies de l'Europe de l'Ouest, qui faisaient venir en grand nombre les immigrés quand ils leur étaient utiles, n'ont maintenant plus besoin d'eux pour avoir de la main-d'œuvre sous-payée. Tout ceci montre bien que le système capitaliste est ce qu'il y a de plus dangereux et de plus nocif pour les ouvriers à travers le monde. Il y a 10 ans, les bourgeois nous rebattaient les oreilles avec la soi-disant « mort du communisme ». Mais le capitalisme a mené le monde à une impasse, comme le montre bien la guerre en Irak, quand la nuit les missiles déchirent le ciel dans un vacarme terrifiant. Pour aller de l'avant, la seule voie possible c'est de se battre pour le communisme authentique (et non sa perversion stalinienne) avec des partis ouvriers révolutionnaires comme instrument.
Aux Etats-Unis, ni le patriotisme à outrance ni la répression effrénée de l'Etat n'ont amené les masses à soutenir la guerre contre l'Irak. En Europe des centaines de milliers d'ouvriers et de jeunes anti-impérialistes ont manifesté leur opposition à cette guerre. Le problème, c'est que les manifestations antiguerre en Europe ont toutes été canalisées dans une direction nationale-chauvine, demandant à sa propre bourgeoisie de s'opposer aux Américains. Aux USA, les libéraux bourgeois et la pseudo-gauche antiguerre, en bêlant « de l'argent pour les emplois, pas pour la guerre », font croire que les capitalistes peuvent réviser leurs priorités fondamentales pour servir les intérêts des travailleurs.
La vérité, c'est que le système capitaliste dans son ensemble est basé sur l'accaparement du profit par les propriétaires des moyens de production, qui exploitent et assujettissent les ouvriers produisant les richesses de la société. La guerre est une expression concentrée de ce conflit, puisque les bourgeoisies capitalistes concurrentes se disputent pour mettre la main sur les ressources naturelles et se tailler de nouveaux marchés, afin d'exporter leurs capitaux et de trouver de la main-d'œuvre bon marché. Lénine, qui a dirigé la Révolution russe, a bien montré la différence entre, d'une part le pacifisme bourgeois, qui endort les masses et sème des illusions dans la « démocratie » capitaliste, et d'autre part le désir ardent des masses pour la paix. Lorsque la Première Guerre mondiale inter-impérialiste a éclaté, Lénine a écrit :
« A l'heure actuelle, une propagande de paix qui n'est pas accompagnée d'un appel à l'action révolutionnaire des masses ne peut que semer des illusions, corrompre le prolétariat en lui inculquant la confiance dans l'esprit humanitaire de la bourgeoisie et en faire un jouet entre les mains de la diplomatie secrète des pays belligérants. Notamment l'idée selon laquelle on pourrait aboutir à une paix dite démocratique sans une série de révolutions est profondément erronée. »
— Conférence des sections à l'étranger du POSDR, février 1915, Œuvres, tome 21
Dans les guerres entre les prédateurs et pillards impérialistes et leurs victimes coloniales ou semi-coloniales, le prolétariat a un camp. Comme le soulignait Lénine dans sa brochure de 1915, le Socialisme et la guerre :
« [...] si demain le Maroc déclarait la guerre à la France, l'Inde à l'Angleterre, la Perse ou la Chine à la Russie [tsariste], etc., ce seraient des guerres "justes", "défensives", quel que soit celui qui commence, et tout socialiste appellerait de ses vœux la victoire des Etats opprimés, dépendants, lésés dans leurs droits, sur les "grandes" puissances oppressives, esclavagistes, spoliatrices. »
— le Socialisme et la guerre, mars 1915, œuvres, tome 21
Il y a de réelles possibilités d'organiser une lutte de classe en opposition à la guerre impérialiste et de briser les limites nationalistes et économistes étroites à l'intérieur desquelles les lieutenants ouvriers de la classe capitaliste contiennent les grèves. Pendant la guerre de l'ONU et de l'OTAN contre la Serbie en 1999, les syndicats italiens COBAS ont organisé une grève générale politique d'un demi-million d'ouvriers. Les ouvriers de Fiat, qui se battent aujourd'hui contre la fermeture d'usines en Italie, ont organisé une campagne d'aide financière pour leurs camarades, les travailleurs de l'usine automobile yougoslave de Zastava, qui avait été bombardée par les impérialistes ; toutes les sections de la LCI ont soutenu activement cette campagne. L'an dernier, les dockers japonais de Sasebo ont montré la voie en refusant de charger du matériel militaire japonais à destination de la guerre en Afghanistan. Aujourd'hui, les courageux travailleurs turcs de la base aérienne d'Incirlik, prévue pour être une aire de lancement importante pour la guerre en Irak, menacent de faire grève.
Ce qui est essentiel, c'est de tracer une ligne de classe et de délivrer les ouvriers et la jeunesse anti-impérialiste des politiciens bourgeois, de leurs agents dans les syndicats et de leurs larbins d'« extrême gauche », qui cherchent à détourner la haine justifiée de la guerre vers des appels illusoires à des réformes parlementaires de ce système basé sur le profit qui engendre la guerre. En Europe de l'Ouest, ces gens-là soutiennent aussi leur propre bourgeoisie nationale contre les Américains. Dans le ventre de la bête impérialiste, la Spartacist League/U.S., section américaine de la LCI, montre la voie en défilant sous des mots d'ordres révolutionnaires internationalistes dans les manifestations antiguerre. Nous disons : Pour la lutte de classe contre les dirigeants capitalistes ! Défense de l'Irak contre l'attaque impérialiste ! A bas l'embargo de famine de l'ONU ! Toutes les troupes impérialistes, des USA et de l'ONU, hors du golfe Persique et du Proche-Orient !
La doctrine de Bush : premier gendarme nucléaire du monde
En septembre dernier, l'administration Bush a rendu publique sa « stratégie de sécurité nationale », qui est une bombe diplomatique entérinant le principe de guerre « préventive », y compris avec des armes nucléaires, contre quiconque se mettant au travers de la route des Etats-Unis. Elle déclare qu'aucune puissance ne rattrapera la supériorité militaire énorme des Etats-Unis, qui s'est encore renforcée depuis que l'Union soviétique a été détruite par la contre-révolution capitaliste en 1991-1992. (Le budget militaire américain est maintenant plus important que celui des 19 autres pays suivants réunis.) Cette menace est en premier lieu dirigée contre la Chine, ainsi que contre les rivaux impérialistes des Américains. La nouvelle politique représente un changement significatif par rapport à la façon dont les Etats-Unis ont dominé le monde depuis qu'ils ont triomphé de leurs autres rivaux lors de la Première et de la Deuxième Guerre impérialiste mondiale. Ces dernières décennies, les Etats-Unis déguisaient leurs actes de brigandage sous le prétexte d'apporter la « démocratie » et de « libérer » les populations de la « dictature ». Les Nations Unies ont servi de feuille de vigne « humanitaire » à la terreur et l'oppression de l'impérialisme US à travers le monde, depuis la guerre de Corée en 1950-1953 jusqu'à l'embargo qui affame l'Irak.
Lorsque les sociaux-démocrates européens et la soi-disant « extrême gauche » se plaignent de l'« unilatéralisme » américain, cela ne représente en aucun cas une opposition de classe à l'impérialisme américain. Ce ne sont que les geignements d'Etats moins puissants et de leurs apologistes qui veulent une part du gâteau plus grosse et qui préfèreraient être traités moins brusquement. Leurs manœuvres aux Nations Unies sont essentiellement des intrigues visant à faire pression sur les Etats-Unis au service de leurs propres intérêts nationaux. Lénine disait que la Société des nations, l'ancêtre des Nations Unies, était « une caverne de brigands » et l'ONU sert ce but aujourd'hui : réguler les conflits mondiaux dans le cadre déterminé par les puissances impérialistes les plus puissantes, toutes ces manœuvres étant faites sous couvert d'apporter la « paix ». Mais aujourd'hui, les Etats-Unis se sentent en confiance pour jeter bas les masques et dire ouvertement : « faites ce qu'on vous dit sinon vous serez le prochain sur la liste ». Et les Etats moins puissants marchent droit, et acceptent d'exempter les militaires américains des tribunaux internationaux pour crimes de guerre et acquiescent quand les Américains demandent aux Irakiens d'assassiner leur chef d'Etat !
Le changement de politique de la Maison Blanche n'est ni d'ordre simplement sémantique ni une absence de tact diplomatique. C'est la forme du « nouvel ordre mondial » issu de la destruction de l'Union soviétique. L'Union soviétique était la patrie de la révolution d'Octobre 1917, la première et jusqu'à présent la seule révolution ouvrière victorieuse dans le monde. Le système d'exploitation capitaliste avait été renversé et remplacé par une économie planifiée et collectivisée. Cependant, en l'absence de révolutions socialistes en Allemagne et dans d'autres pays industriels avancés, le jeune Etat ouvrier s'est trouvé sans ressources et encerclé par des puissances impérialistes hostiles. Une caste bureaucratique conservatrice, un peu comme la bureaucratie qui dirige les syndicats dans les pays capitalistes, a alors enlevé le pouvoir politique à la classe ouvrière soviétique. Léon Trotsky, qui avec Lénine avait dirigé la révolution ouvrière, a combattu la dégénérescence bureaucratique de l'Union soviétique sous Staline et a lutté pour que l'URSS revienne sur la voie de l'internationalisme révolutionnaire. En 1933, Trotsky appela à une révolution politique pour chasser la bureaucratie, tout en continuant à insister qu'il était du devoir du prolétariat international de défendre militairement le premier Etat ouvrier dans le monde contre les tentatives internes ou externes de restauration capitaliste.
Malgré sa déformation stalinienne, l'Union soviétique était une source de puissance militaire et industrielle pour tout Etat ayant renversé la domination capitaliste, du Vietnam à Cuba. Maintenant que la puissance militaire soviétique n'est plus là pour arrêter la main de l'impérialisme US, celui-ci foule aux pieds toute la planète et étend sa présence militaire sur tous les continents et toutes les mers. Les rivalités interimpérialistes, qui étaient souvent subordonnées à la volonté commune de détruire l'Union soviétique, reviennent maintenant sur le devant de la scène. La réélection du chancelier allemand Gerhard Schröder sur la base de ses diatribes anti-américaines dans le conflit irakien montre à quel point les fissures s'élargissent au sein du camp impérialiste. C'est la première fois depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale que l'Allemagne capitaliste exprime ouvertement son opposition à une politique stratégique militaire majeure des Américains. Les ouvertures que le Japon a faites à la Corée du Nord en septembre dernier, défiant la volonté de Bush d'affamer et de mettre en quarantaine cet « Etat-voyou », montrent une autre de ces fissures. Fox, le président mexicain, qui veut être l'homme de Bush en Amérique latine, n'arrive même pas à récupérer quelques miettes diplomatiques de la table de Washington pour ses services rendus. Durant la guerre du Golfe en 1991, l'Allemagne et le Japon ont payé à eux seuls plus du quart des dépenses de guerre, et d'autres alliés des Américains (comme l'Arabie Saoudite) ont couvert presque tout le reste. Cette fois-ci, Schröder s'est juré de ne pas débourser un pfennig, et le Japon a aussi fait clairement savoir qu'il n'a pas l'intention de contribuer à l'effort de guerre. La profonde récession économique mondiale exacerbe les tensions entre les Européens de l'Ouest, les Etats-Unis et le Japon. Les guerres économiques, entre des blocs rivaux et dans leur sein même, pour l'acquisition de parts plus grandes du marché mondial, mèneront en dernière instance à des conflits militaires.
Aujourd'hui, les Etats-Unis sont déterminés à maintenir et étendre leurs richesses pétrolières au Proche-Orient, mais le gros lot qu'ils veulent obtenir, c'est la Chine. Enhardis par la contre-révolution capitaliste en ex-Union soviétique, les Etats-Unis font monter la pression militaire sur la Chine, que ce soit en étendant des bases américaines aux Philippines ou avec leurs nouvelles bases sur la frontière afghane. Dans le même temps, les USA et d'autres puissances impérialistes, ainsi que les capitalistes chinois d'outre-mer, intensifient les incursions du marché capitaliste dans les « zones économiques spéciales » pour l'exploitation du marché libre au cœur de l'Etat ouvrier déformé chinois. La Chine est une des sept cibles potentielles dans le collimateur des Américains pour leur plan de « première frappe nucléaire », comme cela a été écrit dans le « Nuclear Posture Review » publié par le Pentagone au début de cette année. La lamentable bureaucratie stalinienne de Pékin a pourtant soutenu la « guerre contre le terrorisme » des Etats-Unis en Afghanistan. Certains éléments de la bureaucratie stalinienne chinoise cherchent aussi à devenir une nouvelle classe capitaliste, en favorisant la pénétration économique des impérialistes et de la bourgeoisie chinoise expatriée. Le terrible recul du progrès humain, à tous les niveaux, que ce soit la mortalité infantile, l'espérance de vie ou le taux d'alphabétisation, que l'on constate depuis la contre-révolution capitaliste en Union soviétique et en Europe de l'Est doit servir d'avertissement pour les masses ouvrières chinoises : se brader au « monde libre », cela veut dire tomber en chute libre dans l'exploitation et la misère capitaliste — et c'est encore plus vrai pour la Chine qui a d'énormes secteurs encore économiquement arriérés. Les acquis de la Révolution de 1949, qui a affranchi la Chine du joug de la domination impérialiste, qui a mis fin à l'esclavage des femmes et amélioré prodigieusement les conditions de vie des masses ouvrières et paysannes par la création d'une économie collectivisée et planifiée, sont en danger. Nous trotskystes nous battons pour la défense militaire inconditionnelle de la Chine, mais aussi de la Corée du Nord, du Vietnam et de Cuba contre une attaque impérialiste et la contre-révolution interne, tout en combattant pour une révolution politique prolétarienne qui chasse les bureaucraties staliniennes traîtres qui minent les Etats ouvriers.
La LCI a jeté toutes les forces à sa disposition dans la lutte pour stopper la contre-révolution capitaliste dans l'ex-Union soviétique et, avant cela, en Allemagne de l'Est. Nous avons essayé de réimplanter le communisme authentique des bolchéviks de Lénine et de faire connaître à la classe ouvrière l'analyse brillante qu'avait faite Trotsky du caractère contradictoire des Etats ouvriers déformés. Cela afin de construire des partis révolutionnaires internationalistes qui servent d'instrument pour défendre les anciens acquis et pour en conquérir de nouveaux. Nous n'y sommes pas parvenus, et la victoire du capitalisme a eu d'amères conséquences : un monde devenu beaucoup plus dangereux, avec une exploitation impérialiste sans bornes et la guerre. Cela a rendu le combat qui est devant nous plus urgent encore et a renforcé notre détermination. Par contre presque toute la « gauche » a hurlé avec les loups impérialistes et a soutenu les forces de la contre-révolution en Union soviétique et dans les Etats ouvriers déformés d'Europe de l'Est. Ce faisant ces groupes exprimaient leur rapprochement avec leur propre bourgeoisie. Il n'est donc pas surprenant qu'au fur et à mesure que des divergences se dessinent entre les principales puissances impérialistes, ces « socialistes » continuent à battre le tambour pour leur propre bourgeoisie impérialiste au nom des « droits de l'homme ». Ainsi dans la guerre contre la Serbie en 1999 et aujourd'hui encore ils se présentent comme s'opposant à la guerre. Mais ce n'est qu'une façon d'enjoliver les intérêts nationaux de leur propre classe capitaliste.
http://www.icl-fi.org/francais/oldsite/Irak-lci-fr.htm
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Etats-Unis : face aux attaques, le syndicat des dockers ILWU tient bon - Les leçons de la bataille de Longview

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Le Bolchévik nº 200 Juin 2012
Les membres de la section locale 21 du syndicat des dockers ILWU (International Longshore and Warehouse Union) ont commencé le 7 février à charger du blé à destination de la Corée du Sud. C’était le premier bateau à entrer dans le tout nouveau terminal ultramoderne de la firme céréalière EGT à Longview, dans l’Etat de Washington. Deux jours plus tard, les membres de la section 21 approuvaient par un vote une convention collective de cinq ans couvrant à la fois les techniciens de maintenance et les opérateurs du terminal. Les briseurs de grève de la section locale 701 du « syndicat » jaune Operating Engineers ont dégagé, et le syndicat ILWU a repris sa place. Ceci marque la fin de près de deux ans de confrontation entre d’un côté l’ILWU et de l’autre le géant céréalier EGT, avec derrière lui, en fin de compte, toutes les ressources de l’Etat capitaliste.
Nous saluons la combativité et la détermination des membres de l’ILWU qui ont lutté avec tant d’acharnement, et tout particulièrement ceux de la section locale 21. Dès le début de cette bataille, le syndicat et ses alliés ont mobilisé leurs forces avec des actions syndicales comme on n’en avait pas vues dans ce pays depuis des dizaines d’années. Des piquets de grève de masse ont été organisés pour bloquer les trains chargés de céréales à destination du terminal EGT. Les flics ont riposté par une campagne de harcèlement, d’intimidation et d’arrestations à répétitions visant les membres de l’ILWU et ceux qui les soutenaient. Robert McEllrath, le président de l’ILWU international, qui avait lui-même été molesté par les flics, appela à lever les piquets le 7 septembre dernier, après une attaque de la police contre les piquets de grève, et à attendre le soutien d’autres dockers. Le lendemain, les ports de toute la région étaient paralysés, et les membres de l’ILWU convergeaient sur Longview et donnaient à EGT, à ses sbires et aux flics briseurs de grèves un avant-goût de ce qu’est réellement la puissance du mouvement syndical. Pendant que les médias hostiles à la classe ouvrière criaient partout que des milliers de tonnes de céréales avaient été jetées sur les voies, EGT, avec le soutien du Conseil national du travail [l’inspection du travail] d’Obama, a porté l’affaire devant les tribunaux qui ont condamné le syndicat à payer plus de 300 000 dollars d’amendes.
La direction de l’ILWU international a reculé et s’est contentée de porter plainte devant les tribunaux capitalistes et de faire campagne pour un référendum pour obtenir la révocation du shérif du comté de Cowlitz. Plusieurs trains chargés de céréales entrèrent sans encombre dans le terminal où ils furent déchargés par des jaunes de la section locale 701 des Operating Engineers. Fin 2011, EGT avait commencé à organiser le chargement des céréales avec le soutien de l’appareil de « sécurité intérieure » de l’administration Obama. Le syndicat faisait maintenant face à la flottille de bateaux et d’hélicoptères armés des gardes-côtes qui avait été mobilisée pour escorter le premier bateau qui remonterait le fleuve Columbia vers le terminal EGT. Invoquant de précédentes actions « violentes » de l’ILWU, les gardes-côtes imposèrent une « zone de sécurité » temporaire autour du terminal et de tout bateau en approche, et proclamèrent qu’ils étaient autorisés à prendre toute mesure nécessaire pour la faire respecter. Toute violation de cette zone pouvait être sanctionnée par des amendes d’un maximum de 250 000 dollars et jusqu’à six ans d’emprisonnement.
Le conseil syndical central des comtés de Cowlitz et de Wahkiakum publia un « Appel à l’action » appelant les travailleurs et leurs alliés à se mobiliser à Longview lorsque arriverait le premier bateau. McEllrath écrivit à toutes les sections locales du syndicat ILWU pour les inviter à se préparer à des actions de protestation. Le mouvement populiste « Occupy » organisa des caravanes qui devaient converger vers l’Etat de Washington en longeant la côte Ouest des Etats-Unis. Aux quatre coins du pays, des syndicats et des conseils syndicaux particuliers votèrent des résolutions et envoyèrent des lettres de protestation contre le déploiement de l’armée américaine pour attaquer l’ILWU.
Une confrontation entre les forces militaires déployées par l’administration Obama et des syndicalistes et des activistes du mouvement Occupy aurait eu un impact négatif sur les perspectives politiques des démocrates pendant la campagne des élections présidentielles de 2012. Alors que se répandait la nouvelle de l’arrivée imminente du premier bateau, le gouverneur démocrate de l’Etat de Washington joua le rôle d’intermédiaire pour négocier un projet d’accord entre l’ILWU et EGT.
Le « partenariat » entre le mouvement ouvrier et le capital est un mensonge !
Le président de l’ILWU international salue aujourd’hui « le partenariat entre l’ILWU et EGT » comme le début de « nombreuses années de fonctionnement sécurisé et productif du site, et de stabilité de l’industrie de l’exportation céréalière dans le nord de la côte Ouest ». Mais toute la bataille de Longview apporte en elle-même un démenti à la bureaucratie syndicale quand celle-ci cherche à promouvoir un soi-disant « partenariat » entre les dockers et les propriétaires d’EGT – un mensonge au cœur de l’offensive des patrons et de leur Etat qui, en l’absence de presque toute riposte, a considérablement affaibli les syndicats dans ce pays.
Le secteur céréalier américain est le plus important et le plus rentable du monde. C’est une industrie dont le chiffre d’affaire se compte en dizaines de milliards de dollars. Sa « stabilité » signifie la flambée des prix des produits alimentaires, la famine et la mort pour des millions de personnes sur cette planète. L’approvisionnement mondial en céréales est contrôlé par une poignée de géants agro-industriels, notamment Cargill et Archer-Daniels-Midland, qui ont tous deux leur siège aux Etats-Unis. Leurs profits dans ce pays proviennent d’une exploitation de plus en plus intense de la classe ouvrière, raison pour laquelle EGT a fait tout ce qu’il pouvait pour casser l’ILWU dans son terminal de Longview. Il n’a pas réussi à le faire. L’organisation syndicale sur toute la côte Ouest a été préservée ainsi que les emplois dans le port de Longview, où le syndicat est actif depuis 80 ans.
Dan Coffman, président de la section locale 21 de l’ILWU, a déclaré à Workers Vanguard que le syndicat avait obtenu gain de cause sur sa revendication que la société cotise à la mutuelle et à la caisse de retraite gérées conjointement par l’ILWU et l’association patronale PMA (Pacific Maritime Association). EGT sera également tenu de payer au tarif des heures supplémentaires tout travail au-delà de huit heures par jour. Néanmoins, le fait qu’EGT puisse obliger des membres de l’ILWU à faire des journées continues de 12 heures constitue une réelle menace pour la santé et la sécurité des travailleurs. (La convention collective signée par l’ILWU et la PMA autorise au maximum des journées continues de 10 heures, et ceci uniquement si le bateau doit appareiller immédiatement.) De plus, EGT paiera le travail de nuit au tarif de jour et non un tiers plus cher, ce qui était auparavant la norme.
Le syndicat a également réussi à imposer, contre la volonté d’EGT, que les techniciens de maintenance et les autres travailleurs à l’intérieur du terminal soient intégrés à l’ILWU. Ces travailleurs étaient auparavant sélectionnés séparément par EGT parmi les membres de la section 21 et embauchés en tant que salariés « permanents », en dehors du bureau d’embauche syndical de la section 21. Ils devaient ensuite décider s’ils voulaient ou non être représentés par l’ILWU. Le recours à des permanents, dont l’emploi est garanti par contrat avec une compagnie maritime ou un manutentionnaire particulier, est depuis longtemps autorisé par la convention collective entre l’ILWU et la PMA. Ceci constitue une entorse au système du bureau d’embauche syndical et de l’affectation à tour de rôle aux bateaux. Ces acquis de la grève historique de 1934, dans laquelle l’ILWU a été forgé, sont conçus pour répartir équitablement le travail disponible entre les membres de l’ILWU. Coffman nous a également expliqué que le syndicat avait perdu sur sa revendication de fournir les opérateurs de la salle de contrôle du terminal EGT, ce qui signifie que le terminal sera piloté par EGT.
Au moment où les syndicats, comme celui de la fonction publique du Wisconsin, se font laminer par les attaques des capitalistes, le fait que l’ILWU de Longview ait réussi à tenir bon face à EGT est un vrai succès. Mais la bataille est loin d’être terminée. L’ILWU est toujours sous le coup d’une amende de plus de 300 000 dollars dont il a fait appel devant les tribunaux fédéraux. Même si les tribunaux ont acquitté certains des ouvriers arrêtés, plusieurs membres de l’ILWU sont toujours inculpés, y compris au pénal. L’ILWU et ceux qui le soutiennent doivent se battre pour que toutes ces inculpations soient levées ! Et la prochaine bataille sera menée contre les autres sociétés céréalières le 1er octobre, quand l’accord sur la manutention des céréales qui les lie à l’ILWU sera renégocié.
Le terminal EGT de Longview, qui a coûté 200 millions de dollars, est le premier terminal céréalier à être construit aux Etats-Unis depuis 25 ans. Il est équipé pour traiter une moyenne de 3 000 tonnes par heure, très au-delà des 750 à 2 500 tonnes par heure des autres silos-élévateurs du Nord de la côte Ouest. EGT, qui prévoit de charger entre 150 et 200 bateaux par an à Longview, est un conglomérat multinational qui associe la société Bunge North America, dont le siège est à Saint Louis, le Japonais Itochu Corporation et STX Pan Ocean, un armateur sud-coréen. Cette entreprise espère ainsi tirer de juteux profits de l’augmentation annoncée des exportations américaines de maïs, de blé et de soja vers l’Asie. Face à une telle concurrence, les autres exportateurs de céréales chercheront à faire payer leurs pertes par les membres de l’ILWU.
La manutention des céréales par l’ILWU au Nord de la côte Ouest, pour l’essentiel du transport en vrac, est couverte par des conventions collectives différentes de celle entre l’ILWU et la PMA, laquelle est dominée par des armateurs de navires porte-conteneurs. La convention collective ILWU-PMA expirera en 2014. La PMA va suivre de très près les négociations dans le secteur céréalier ; elle cherchera à les utiliser à son avantage contre l’ILWU. Avec l’achèvement, la même année, des nouveaux travaux d’élargissement du canal de Panama, la PMA jouera sur la crainte que les armateurs envoient leurs porte-conteneurs directement vers la côte Est au lieu de les décharger sur la côte Ouest et d’expédier les conteneurs par chemin de fer à travers le continent. Le terminal de la compagnie APM à Hampton Roads en Virginie, ouvert en 2007, est hautement automatisé en comparaison avec les ports de la côte Ouest. C’est le troisième plus grand terminal à conteneurs des Etats-Unis. Les armateurs des deux côtes cherchent à dresser le syndicat ILA (International Longshoremen’s Association), qui organise les dockers de la côte Est et du golfe du Mexique et dont la principale convention collective expire le 30 septembre prochain, contre l’ILWU qui est relativement plus puissante, dans une course au nivellement par le bas avec comme enjeu les emplois.
L’ILWU et l’ILA sont tous les deux des bastions syndicaux de plus en plus isolés dans un océan de travailleurs non syndiqués avec des salaires bas dans la chaîne sans cesse plus développée du commerce mondial, que ce soit les camionneurs des ports, les travailleurs des entrepôts et des infrastructures ferroviaires intermodales ou les marins sur les cargos géants. L’érosion de la puissance des syndicats de dockers a aussi été amplifiée par la soumission de leurs directions à la compétitivité et aux intérêts nationaux des capitalistes qui dirigent l’Amérique. Ce qu’on a vu dans les piquets de grève de masse et les autres actions menées à Longview, c’est la puissance des travailleurs unis sur la base de leurs propres intérêts de classe dans la lutte contre les employeurs. Mais cette combativité initiale s’est heurtée de plein fouet à la collaboration de classes des dirigeants traîtres du syndicat.
Les lignes de front d’une bataille de classe internationale
La direction de l’ILWU a présenté la lutte contre EGT comme celle d’une petite communauté contre une multinationale « étrangère ». Il s’agissait au contraire d’une bataille de classe opposant les ouvriers aux propriétaires capitalistes d’EGT. Dans une bataille de ce genre, les propriétaires peuvent s’appuyer sur les forces de l’Etat capitaliste, qui est là précisément pour défendre leurs intérêts, depuis les flics « îlotiers » jusqu’aux forces du Département de la sécurité intérieure et l’armée, en passant par les shérifs. La puissance des travailleurs vient de leur organisation collective et de leur capacité d’arrêter la production et de bloquer le flot des profits. Pour utiliser cette force, les actions de solidarité entre différents syndicats et avec les travailleurs au niveau international sont cruciales. Et elles le sont d’autant plus avec les livraisons « juste à temps » et l’interconnexion croissante de la production mondiale. C’est précisément parce qu’elles sont particulièrement efficaces que des actions telles que le refus de charger ou décharger des cargaisons et les grèves de solidarité ont été déclarées illégales.
Comme dans n’importe quel conflit, la question de qui gagne et qui perd est décidée par la force relative des camps qui s’affrontent. La puissance du syndicat résidait dans sa capacité à bloquer l’entrée ou la sortie des céréales au terminal EGT. En pleine saison de récolte céréalière, à la fin de l’été et au début de l’automne, EGT était particulièrement vulnérable. L’ILWU avait un besoin urgent du soutien de la puissance et de la solidarité d’autres syndicats, et tout particulièrement ceux de la chaîne du transport des cargaisons céréalières d’EGT.
Tout au début, le syndicat et ses alliés ont mobilisé des piquets de masse qui ont bloqué les trains qui transportaient des céréales. Ces trains étaient conduits par des membres du syndicat des conducteurs de locomotive BLE (Brotherhood of Locomotive Engineers), affilié à la confédération des Teamsters. Lorsque l’ILWU dut céder du terrain face à une répression policière massive, les trains recommencèrent à rouler. Jimmy Hoffa Jr., président des Teamsters, envoya alors une lettre où il s’engageait à soutenir l’ILWU dans la lutte contre EGT. Mais la solidarité la plus élémentaire aurait voulu que le BLE bloque les trains. Cela aurait été un défi à la loi Taft-Hartley et aux nombreuses autres lois qui interdisent de telles actions. C’est en défiant les lois antisyndicales et en luttant contre les flics et autres briseurs de grève que les travailleurs ont construit les syndicats dans ce pays. Et inversement, les syndicats ont été décimés quand ils ont sacrifié les armes de la lutte syndicale sur l’autel de la légalité capitaliste.
La section locale 701 des Operating Engineers, celle-là même qui a fourni ses jaunes à EGT, a reçu le soutien de Richard Trumka, président de la confédération syndicale AFL-CIO. Trumka a déclaré qu’il s’agissait là simplement d’un conflit de « juridiction » entre deux syndicats, conflit qui devait être résolu dans les bureaux des traîtres syndicaux au niveau national ! Comme nous l’écrivions dans notre article « L’ILWU se bat contre une menace mortelle » (Workers Vanguard n° 986, 16 septembre 2011) : « Le seul conflit de “juridiction” à Longview est entre le capital et le travail ! Et Trumka a choisi le camp des patrons. » C’était là une trahison pour le compte du Parti démocrate, qui est tout autant que le Parti républicain un parti des patrons, mais un parti auquel les bureaucrates syndicaux font allégeance en présentant les démocrates comme les « amis du mouvement syndical ». Trumka ne voulait pas qu’une bataille de classe de grande ampleur à Longview vienne menacer les chances de réélection d’Obama. Et en fin de compte les dirigeants de l’ILWU ne le voulaient pas non plus.
Le syndicat était dans une position difficile. Il n’est pas facile de l’emporter quand on est confronté à toute la puissance de l’Etat capitaliste. Mais la capacité de lutte du syndicat a été sapée par le soutien de sa direction aux mêmes forces de « sécurité nationale » auxquelles l’ILWU était confronté. En 2002, la direction internationale de l’ILWU avait collaboré à la rédaction de la « Loi sur la sécurité du transport maritime », qui visait à mettre au pas les docks dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » du gouvernement. Les dirigeants de l’ILWU avaient accepté la mise en place du TWIC, un système d’accréditation des employés des transports, auquel ils n’ont objecté qu’après sa mise en place. A cette occasion, ils avaient de façon scandaleuse montré du doigt en les présentant comme une « menace pour la sécurité nationale » les conducteurs de camion en majorité immigrés et non syndiqués dans les ports. Victimes de contrôles sur leur casier judiciaire et leur titre de séjour, des dizaines de milliers de travailleurs des ports se sont vu refuser cette accréditation « de sécurité ». De nombreux conducteurs de camion immigrés avaient préféré ne pas faire la demande, de peur d’être expulsés.
Parmi les délits susceptibles de motiver une interdiction d’accès aux docks sous le régime du TWIC figure l’implication dans un « incident lié à la sécurité des transports », y compris « s’être livré à une perturbation du système de transport ou à une perturbation économique dans une zone spécifique ». Des responsables des gardes-côtes se sont rendus dans les bureaux de la section 21 de l’ILWU pour menacer de retirer leur carte TWIC à des membres de l’ILWU si des actions de protestation perturbaient le chargement du cargo céréalier.
Face à la puissance militaire de « son » gouvernement, il était absolument nécessaire que l’ILWU en appelle à la solidarité de la classe ouvrière internationale. A l’automne dernier, plusieurs actions de protestation de faible ampleur avaient été organisées au Japon, en Corée et en Australie contre les attaques antisyndicales d’EGT. Il fallait que ces protestations soient suivies d’actions, et pour cela appeler les dockers, en Corée et dans toute l’Asie, à refuser de décharger les céréales mises à bord par les briseurs de grève et expédiées depuis le terminal EGT de Longview. Mais l’ILWU n’était pas le mieux placé pour faire cela, étant donné que ses dirigeants se vantaient bruyamment de défendre les exportateurs américains de céréales contre une multinationale « étrangère ». Les exportations de céréales et autres produits alimentaires sont utilisées comme arme par l’impérialisme US contre les ouvriers et opprimés du monde entier et pour maintenir les pays moins développés sous la botte de la « seule superpuissance mondiale ».
La nature même du travail des dockers, qui est dépendant du commerce mondial, illustre le fait que la lutte des travailleurs est internationale. Les dockers et autres travailleurs de la chaîne mondiale du fret ont une immense puissance sociale potentielle. C’est ce qu’explique très bien un article de JoAnn Wypijewski intitulé « Sur la ligne de front de la lutte de classe mondiale – la chaîne du fret » (CounterPunch, 1er mars 2010) :
« Aussi importante que soit la productivité pour la prospérité de l’industrie du transport maritime, il ne sert à rien d’aller vite dans les ports automatisés s’il y a des ruptures à un point quelconque de la chaîne entre l’usine et le consommateur […]. Aux Etats-Unis, cela implique l’acquiescement sans heurt non seulement des 60 000 dockers, mais aussi celle des 28 000 pilotes de remorqueurs et pilotes de port, des 60 000 conducteurs de camion dans les ports, des 850 000 conducteurs de camion de marchandises, des 165 000 cheminots, des 2 millions de travailleurs des entrepôts et de la distribution, des 370 000 livreurs de colis express, et des 160 000 planificateurs logistiques – et des groupements de travailleurs semblablement interconnectés partout dans le monde. Ils ne sont pas tous syndiqués, mais toutefois il ne serait pas nécessaire qu’ils disent tous non : juste un nombre suffisant d’entre eux, agissant de concert à des points vitaux de la chaîne. »
Mais grâce aux trahisons des dirigeants syndicaux, il n’y a pas eu de telles ruptures dans la chaîne du fret qui amenait les céréales dans le terminal EGT et les en faisait sortir. Il y a eu une exception notable et honorable, pour ce qui est du départ des bateaux chargés de céréales : l’Inland Boatmen’s Union, le syndicat des mariniers (qui fait partie de l’ILWU), a refusé de conduire les remorqueurs pour faire rentrer et sortir les bateaux. L’ILWU avait le dos au mur face aux forces militaires des Etats-Unis, mais le patriotisme de sa direction qui proclame « l’Amérique d’abord » sape sa capacité à en appeler à la solidarité internationale.
Les syndicalistes et leurs alliés qui se sont battus si courageusement doivent en tirer les leçons pour préparer les batailles futures. Pour que les syndicats soient des instruments de lutte contre les patrons, ils doivent rompre les chaînes forgées par les dirigeants traîtres qui lient les travailleurs aux intérêts des exploiteurs capitalistes et de leurs partis politiques. Pour que l’ILWU continue à exister comme syndicat industriel puissant, il est absolument nécessaire de mener une bataille lutte de classe pour syndiquer les très nombreux travailleurs non syndiqués comme les conducteurs de camion dans les ports, ce qui nécessite de combattre le chauvinisme anti-immigrés et de syndiquer ces travailleurs en leur faisant bénéficier des mêmes salaires, avantages sociaux et conditions de travail que les autres membres de l’ILWU. Des centaines de conducteurs de camion du port de Seattle sont en grève depuis deux semaines contre leurs conditions de travail insupportables et pour réclamer le droit à se syndiquer.
Il faut chasser les bureaucrates à la bannière étoilée, ce qui passe par un combat pour une direction lutte de classe, une direction dont la bannière sera le drapeau rouge de l’internationalisme ouvrier ! Une telle direction armera les ouvriers pour mener des batailles sans merci contre les exploiteurs capitalistes, et c’est sur cette base que l’on pourra forger un parti ouvrier multiracial, un parti qui luttera pour une révolution socialiste, afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec tout le système de l’esclavage salarié, de l’oppression raciste, de la misère et de la guerre impérialiste.
Où le mouvement populiste Occupy remplace la lutte de classe
Cela en dit long sur les trahisons des dirigeants syndicaux que le mouvement populiste Occupy soit devenu le véhicule central de toutes les protestations contre les ravages de la catastrophe économique créée par les magnats de la finance de Wall Street. L’écrasante majorité des gens autour d’Occupy adhèrent au mythe d’un « bon vieux temps » du capitalisme américain où le gouvernement était censé représenter la « volonté du peuple ». Et pourtant, une grande partie de la gauche « socialiste » dans ce pays salue de façon opportuniste Occupy comme étant la clé de la revitalisation du mouvement ouvrier. Bien au contraire, son populisme à « 99 % » – qui s’étend aux flics, ces briseurs de grève racistes – dissout toute notion de la ligne de classe fondamentale qui sépare les ouvriers et leurs exploiteurs capitalistes.
Dans la région de San Francisco, des charlatans syndicaux adeptes du verbiage de gauche comme Jack Heyman, un bureaucrate de l’ILWU à la retraite, et Clarence Thomas, un ancien membre du comité exécutif de la section locale 10, ont vanté les mérites des « piquets communautaires » du mouvement Occupy qui ont bloqué le port d’Oakland le 2 novembre et à nouveau le 12 décembre. Pendant les jours qui précédaient les blocages d’Occupy du 12 décembre, au cours desquels les ports de Longview et de Portland ont également été paralysés en solidarité déclarée avec le combat de l’ILWU à Longview, Heyman expliquait que « si Occupy réussit aujourd’hui, cela donnera très probablement l’impulsion pour un blocage de tous les ports de la côte Ouest par les dockers lorsque le bateau briseur de grève arrivera ». Mais loin de construire une quelconque « dynamique », le blocage a réduit les travailleurs à jouer au mieux le rôle d’observateurs passifs, attendant sur le bord de la route qu’un médiateur se prononce sur le fait que traverser ces piquets serait ou non dangereux pour leur santé et leur sécurité.
Selon la description enthousiaste qu’en a faite Socialist Worker, le journal de l’International Socialist Organization (13 décembre 2011), il y eut beaucoup d’applaudissements à Oakland le 12 décembre lorsqu’on annonça que le médiateur avait rendu sa décision et que « les travailleurs étaient rentrés chez eux ». Quelle farce ! Les travailleurs n’étaient guère que des pions dans un théâtre d’ombres médiatique et juridique. Ce n’est pas nouveau pour Heyman et Thomas, qui ont bâti leur réputation « militante » dans le milieu de la gauche radicale de San Francisco avec ce genre de piquets communautaires.
Ce genre de piquets peut, de manière épisodique, être une tactique efficace en tant qu’action symbolique qui souligne la nécessité pour les travailleurs de manifester leur solidarité avec leurs frères et sœurs de classe en lutte. Mais ces actions ne contribuent guère à élever chez les travailleurs le niveau de conscience de leur puissance sociale et de leurs intérêts de classe. Alors qu’ils sont présentés comme autant de preuves de la combativité de l’ILWU, ces piquets qui rassemblent des militants de gauche, des libéraux et d’autres forces ont pour base la même acceptation des lois antisyndicales derrière laquelle l’ILWU et les autres dirigeants syndicaux cachent leur trahison des actions ouvrières combatives. On pouvait le voir dans une déclaration intitulée « Occupez les ports » publiée pour mobiliser en vue des blocages du 12 décembre, et qui expliquait que « les syndicats ouvriers sont contraints par une législation fédérale réactionnaire et antisyndicale […] à ne pas mener d’actions syndicales de solidarité ».
Les piquets de grève ne sont pas des spectacles de relations publiques organisés au profit des travailleurs. Ils ne sont pas non plus des actions de désobéissance civile de masse menées par les petits-bourgeois et autres éléments déclassés d’Occupy qui n’ont aucun rapport avec la production ni aucune puissance en rapport avec la production. Ce sont des lignes de bataille entre les travailleurs et les capitalistes qui tirent leurs profits de l’exploitation du travail. Leur succès repose sur la conscience et l’organisation des travailleurs mobilisés en tant que classe contre leur ennemi de classe.
La section locale de Longview de l’ILWU a sans nul doute apprécié l’écho que les actions de protestation d’Occupy ont donné à son combat contre les casseurs de syndicats d’EGT. Et qui l’en blâmerait ? Quand la direction de l’ILWU international a reculé, les travailleurs de Longview ont pris tous les coups tandis qu’EGT triomphait, que son terminal se remplissait de céréales et que les forces du gouvernement fédéral d’Obama étaient derrière lui pour les expédier. La solidarité des activistes d’Occupy avec les travailleurs est certainement la bienvenue. Mais les blocages d’Occupy ne pouvaient pas remplacer une mobilisation de la puissance de classe des travailleurs en lutte. Quelles qu’aient été les intentions des manifestants, leurs piquets auraient facilement pu se terminer par une confrontation entre d’un côté les manifestants et de l’autre les travailleurs et leur syndicat. C’est là précisément le programme de l’aile la plus « radicale » d’Occupy, incarnée par les anarchistes du collectif Black Orchid [orchidée noire] de Seattle, qui oppose ouvertement aux syndicats les forces largement petites-bourgeoises d’Occupy, présentées comme un « nouveau mouvement de la classe ouvrière ».
De toute évidence cela ne pose aucun problème à Jack Heyman. Il était un des principaux orateurs dans un meeting d’Occupy à Seattle organisé afin de mobiliser pour une caravane vers Longview au moment de l’arrivée du premier bateau au terminal EGT, et il a alors applaudi « notre sœur Barucha » qui « pense que les syndicats sont des institutions capitalistes », avant d’expliquer que c’est « ce qui est formidable avec ce mouvement Occupy […]. Nous avons des tendances différentes à l’intérieur et nous pouvons soulever nos divergences et nous retrouver quand même ensemble pour un seul but, qui est de remporter la victoire pour les dockers de Longview. » C’est un peu difficile pour des travailleurs qui luttent pour préserver leur syndicat de remporter la victoire avec des gens qui pensent que les syndicats sont des institutions capitalistes ! Mais cela fait tellement longtemps que Heyman se fait passer pour un syndicaliste « militant » auprès des libéraux de gauche qu’il ne peut même pas reconnaître la ligne de classe.
Comme l’ensemble de la bureaucratie syndicale aux Etats-Unis, la direction de l’ILWU international a embrassé le populisme à « 99 % » d’Occupy, sans doute dans l’espoir que cela accroîtrait les chances de réélection d’Obama. Mais les dirigeants du syndicat des dockers étaient hostiles au blocage des ports du 12 décembre. Dans sa lettre du 3 janvier aux sections locales de l’ILWU sur la façon de protester à l’arrivée du premier bateau, McEllrath conseillait aux dockers d’approcher les organisateurs des caravanes d’Occupy vers Longview avec « une extrême prudence ». Plusieurs bureaucrates locaux et membres de l’ILWU du Nord de la côte Ouest ont assisté à la réunion d’Occupy du 6 janvier à Seattle et ont exigé que cette lettre soit lue. Après avoir dû attendre pendant près de deux heures, ils se sont levés pour protester et une bousculade s’en est suivie. En repoussant la demande formulée par les responsables régionaux du syndicat qui subissait les attaques des patrons, les organisateurs de l’événement avaient ouvert la porte à une confrontation de ce genre.
En fait, il semble que ceci ait eu le don de réjouir le collectif Black Orchid. Dans une déclaration publiée après l’événement et intitulée « Unité contre gros bras syndicaux », ils ont condamné les responsables de l’ILWU pour avoir « essayé de nous empêcher de transcender leurs structures agonisantes ». Après cette confrontation, la section locale de l’ILWU à Seattle a voté une motion qui interdisait à ses membres « tout soutien formel ou informel à “Occupy” », ouvrant ainsi la porte à une chasse aux sorcières contre les membres de l’ILWU qui ont travaillé avec Occupy. Une chasse aux sorcières de ce genre pourrait bien se préparer ; elle doit être rejetée par l’ILWU.
L’Internationalist Group (IG), qui a pris fait et cause pour Heyman, nous a écrit pour nous demander « quelle est la position des spartacistes sur cet incident ? » Dans la réponse écrite que nous avons envoyée à l’IG , nous avons été on ne peut plus clairs : « Nous sommes du côté de la défense du syndicat contre l’offensive de cassage antisyndical d’EGT, soutenue par l’armée et les autres forces policières du gouvernement fédéral, et pas avec ceux qui, dans le mouvement Occupy, partagent la position que les syndicats doivent être éliminés. »
L’IG qualifie la politique d’Occupy de « populisme bourgeois » tout en lui reprochant simultanément d’essayer de contourner la bureaucratie syndicale « quand ce qu’il faut c’est mener bataille pour défaire et chasser ces “lieutenants ouvriers de la classe capitaliste” ». Mais Occupy ne fait pas partie du mouvement ouvrier, qui est l’endroit où cette bataille doit être menée. Notre lutte contre les bureaucrates syndicaux est une lutte politique ; nous sommes opposés à ce qu’ils subordonnent les syndicats aux intérêts et aux profits de la classe dirigeante capitaliste américaine. La politique populiste d’Occupy est au fond le reflet de celle des dirigeants syndicaux traîtres. Ceux qui, comme Heyman, l’IG et autres, encensent le mouvement Occupy en guise de substitut aux syndicats ont récolté les fruits de leur propre opportunisme grotesque au meeting de Seattle.
Le pouvoir aux travailleurs !
Occupy n’est pas, et ne peut être, l’instrument pour régénérer le mouvement syndical américain. Ceci est la tâche des travailleurs eux-mêmes. La question n’est pas simplement la préservation des syndicats existants, dont beaucoup ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient auparavant, mais la lutte pour les transformer en bataillons ouvriers de la lutte de classe. Avec sa majorité de membres noirs, la section locale 10 de l’ILWU dans la région de San Francisco établit un pont au-dessus d’une ligne de fracture fondamentale de la société américaine et donne au syndicat la capacité de lier sa puissance sociale à la colère des masses des centres-villes, dont l’existence est considérée sans aucune valeur par les capitalistes américains. Il en va de même pour les membres latino-américains de la section locale de l’ILWU à Los Angeles/Long Beach, qui constituent un lien vital avec l’importante population immigrée latino-américaine de Los Angeles. Ceci peut être un facteur décisif pour organiser les conducteurs de camion dans les ports, qui sont majoritairement immigrés et non syndiqués, et qui ont un rôle crucial à jouer quand il s’agit de bloquer les ports.
Pour pouvoir mener ces batailles, le syndicat doit inscrire sur sa bannière le combat pour les pleins droits de citoyenneté pour tous les immigrés et lutter pour la cause de la libération des Noirs. Mais le syndicat lui-même est miné par les mêmes lignes de fracture ethniques et raciales sur lesquelles les patrons du transport maritime jouent pour diviser et affaiblir l’ILWU, en dressant les uns contre les autres les travailleurs de l’ILWU du Nord de la côte Ouest, majoritairement blancs, les syndiqués noirs de la baie de San Francisco et les syndiqués latino-américains de Los Angeles. En 1934, c’était une grève de toute la côte qui a jeté les bases de la fondation de l’ILWU ; elle unissait les dockers, les marins et les autres travailleurs du transport maritime. A San Francisco, où la lutte des dockers avait été le déclencheur d’une grève générale, la direction du syndicat en avait consciemment appelé à la population noire opprimée et s’était battue contre les tentatives des patrons d’utiliser les divisions raciales et ethniques pour casser la lutte des travailleurs.
La grève générale de San Francisco ne fut pas l’unique grande bataille de classe de 1934. Il y eut aussi la grève de masse qui prit naissance chez les ouvriers des usines de pièces détachées de l’automobile à Toledo, et les grèves des camionneurs de Minneapolis à l’issue desquelles fut forgé le puissant syndicat industriel des Teamsters. Ces grèves furent toutes dirigées par des rouges. Comme l’écrivait James P. Cannon, le fondateur du trotskysme américain, dont les partisans avaient dirigé les grèves de Minneapolis, dans un article sur la grève des transports maritimes de la côte Ouest de 1936 (reproduit dans Notebook of an Agitator [Carnet d’un agitateur], 1958), la signature d’une convention collective « n’est qu’une trêve temporaire, et la nature de ce genre d’accord se décide par le rapport de forces : la “justice” n’a rien à voir là-dedans. Les ouvriers n’auront la justice que quand ils prendront le contrôle du monde […]. Les patrons sont puissants tout d’abord parce qu’ils possèdent les bateaux et les docks, et que les ouvriers n’ont pas encore contesté leur frauduleuse prétention à cette possession. Et parce qu’ils possèdent les bateaux, les patrons possèdent le gouvernement. »
La lutte des travailleurs contre une exploitation de plus en plus brutale ne prendra pas fin tant qu’ils ne se seront pas débarrassés d’un système basé sur la production pour le profit et qu’ils n’auront pas instauré un gouvernement ouvrier qui arrachera les moyens de production des mains des propriétaires capitalistes rapaces pour en faire la propriété collective de la société. Alors, les progrès dans l’automatisation et les autres technologies, qui sont aujourd’hui utilisés comme arme contre l’emploi et le niveau de vie des travailleurs, seront utilisés pour réduire leur charge de travail et conduiront à de formidables améliorations des conditions de vie de la population dans son ensemble.
La voie pour aller de l’avant passe par la lutte pour forger une nouvelle direction lutte de classe des syndicats, qui mènera les batailles à l’issue desquelles un parti ouvrier révolutionnaire pourra être construit. Le but de la Spartacist League est de forger le noyau d’un tel parti, en tant que section américaine d’une organisation internationale révolutionnaire de la classe ouvrière. Comme l’écrivaient Karl Marx et Friedrich Engels il y a plus de 150 ans dans le Manifeste du Parti communiste : « Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »
– Traduit de Workers Vanguard n° 996, 17 février
Protestez contre l'acharnement répressif de l'Etat contre l'ILWU de Longview et ses alliés !
Pour se battre contre l’EGT, les membres de l’ILWU et leurs alliés ont eu recours à des méthodes combatives de lutte de classe qu’on n’avait pas vues depuis des années aux Etats-Unis. En représailles, les dirigeants et les militants de l’ILWU sont victimes d’une campagne de surveillance et de violences policières. Il y a eu plus de 200 arrestations, dont certaines ont été accompagnées de poursuites judiciaires. Beaucoup de ces travailleurs traînés devant les tribunaux sont poussés à plaider coupable de délits pour éviter des poursuites criminelles.
Même si un accord a été maintenant conclu entre l’ILWU et l’EGT, Susan Baur, la procureure du comté de Cowlitz, continue d’intensifier la vendetta contre l’ILWU, main dans la main avec le département du shérif du comté et la police locale. De nouvelles accusations, parfois de crimes, sont concoctées des mois après les faits. Ces poursuites revanchardes visent l’ensemble du mouvement ouvrier dans le but d’intimider les militants syndicaux qui trouvent une inspiration dans la force qu’ont mobilisée les partisans de l’ILWU pour lutter contre les attaques anti-syndicales de l’EGT à Longview.
Ces dockers et ceux qui les soutiennent se sont battus avec courage et détermination. Maintenant nous devons lutter pour eux ! Le Partisan Defense Committee, une organisation de défense légale et sociale non sectaire associée à nos camarades américains de la SL/U.S. et se basant sur la lutte de classe, a envoyé une lettre de protestation au procureur du comté de Cowlitz exigeant l’arrêt immédiat des poursuites. La Fédération nationale des ports et docks CGT a fait de même en France. Nous appelons les syndicats et tous ceux qui s’opposent à la guerre des patrons contre les syndicats à se joindre à cette initiative.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/200/longview.html
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